No icon

Jihan El-Tahri: la pharaone du cinéma africain

Cinéaste du passé, Jihan el -Tahri entend sauvegarder la mémoire de l’Afrique à travers des films retraçant le passé des figures marquantes du continent. Nelson Mandela, Gamal Abdel Nasser, autant de personnalités qui revivent sous le professionnalisme de cette documentariste que nous découvrirons ensemble.

Née en 1963 à Beyrouth au Liban, Jihan El-Tahri est écrivaine, réalisatrice, productrice de films documentaires et artiste visuelle. Après l’obtention d’une maîtrise en science politique à l’université américaine du Caire, elle s’essaye pendant trois semaines à la diplomatie. Très vite dégoutée elle décide d’embrasser une carrière universitaire mais fait face au refus de son père de financer ses études. Jihan ne baisse pourtant pas les bras et décide de prendre en charge sa scolarité. C’est alors qu’elle se lance dans la photographie. Quelques années plus tard, elle entame une carrière journalistique et devient correspondante de nouvelles avec des médias comme US News, World Report et Reuters. Un métier qui lui aura valu une expulsion de l’Egypte en 1989 après la parution d’un article sur les relations entre les fils Moubarak et Israël dans la presse américaine.

Toujours prête à aller de l’avant, à découvrir de nouvelles choses, elle se rend compte que « l’image avait remporté le grand prix », Jihan se lance donc dans le cinéma en 1990 en commençant par des films d’immersion et des films sociaux. Mais voulant connaitre et faire connaitre l’histoire de l’Afrique, elle commence à faire des films historiques parce ce que dit-elle : « si on ne connait pas notre histoire, où est-ce qu’on ira ? Moi j’ai besoin de déterrer des éléments qui font de notre passé une continuité ». Ainsi elle réalisera des films comme l’Afrique en morceaux (2000), qui traite de la tragédie des grands-lacs, La maison de Saoud (2004), nominé aux Emmy Awards en 2005, Cuba, une odyssée africaine (2006) récompensé au Canada, Behind the rainbow (2009) primé au Fespaco de la même année reste une œuvre de référence sur l’histoire de l’ANC, Les pharaons de l’Egypte modernes (2005) qui n’a pas été programmé en Egypte, et Nasser sélectionné en 2016 au Festival International de Torronto.

La cinéaste n’hésite pas à parcourir le monde pour raconter l’histoire de l’Afrique. Elle recherche des témoignages, rencontres des gens, visite des sites qui pourraient l’aider dans la construction du puzzle. Fidèle à sa citation « rien n’est impossible, mais on peut échouer », Jihan El-Tahri estime qu’il faut toujours essayer quitte- à échouer.

Passionnée par ses métiers, on serait tenté de dire que Jihan ne se repose jamais. Elle n’hésite pas à accompagner les jeunes producteurs et réalisateurs africains à travers des programmes de mentoring.

Diplomate, photographe, journaliste écrivaine, réalisatrice, productrice de films documentaires et artiste contemporaine. Plusieurs casquettes que la panafricaniste a portée et continue d’arborer fièrement, mais c’est en tant que documentariste qu’elle s’impose à la face du monde. Femme active au caractère bien trempé Jihan El- Tahri souhaite apporter sa petite part à la construction d’une meilleure Afrique pour les générations futures.

Comment As:

Comment (0)