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Compétition long métrage au FESPACO 2019

‘’Desrances’’ d’Apolline Traoré dans les bonnes grâces des cinéphiles

En compétition pour l’Etalon d’or de Yennega, le 3e long métrage d’Apolline Traoré, titré ‘’Desrances’’, a refusé du monde, à l’occasion de sa première projection au Ciné Burkina. En file indienne sur plus d’une centaine de mètres, les dizaines de cinéphiles, venus d’horizons divers, avaient hâte de découvrir l’histoire du film. Seuls les chanceux le pourront. En 1994, Francis Desrances, joué par l’acteur haïtien Jean-Louis Jimmy, quitte son pays Haïti suite au massacre de ses parents par le régime dictatorial en place. Désormais refugié en Côte d’ivoire, Francis se reconstruit aux cotés de sa femme Aissey et de sa fille de 12 ans Haila. Cette petite famille ne le comble, cependant, pas. Il attend, avec impatience, un héritier auquel transmettre le nom de son ancêtre. Après plusieurs fausses couches, Aissey tombe finalement enceinte du fils tant espéré. Au même moment éclate la crise post-électorale ivoirienne. Au sortir de la salle, touchant, beaucoup d’émotions, belle histoire sont les mots utilisés pour qualifier le film.

Déo-Gracias Ouédraogo, Burkina Faso : « Le film ‘’Desrances’’ était vraiment touchant car la réalisatrice a touché la mentalité de nos différents pays, la diversité des cultures. Nous avons senti aussi de l’émotion. Dans nos pays, on a tendance à voir qu’il y a toujours des problèmes de guerre, on s’entre-tue rien que pour la différence des cultures. Mais avec ‘’Desrances’’, on a appris que, d’une part, il faut l’unité sociale et, de l’autre, il y a le genre avec la débrouillardise de Haïla qui a montré qu’une fille peut être tout aussi utile qu’un garçon. Apolline Traoré lance un appel à tous les pays et, en particulier, à ceux d’Afrique à s’unir plutôt que de se battre pour des choses qui n’en valent pas la peine. Ce qui a été un peu négatif, c’est qu’Apolline Traoré est une réalisatrice que j’apprécie bien mais pourquoi n’a-t-elle pas fait ce film au Burkina ? Si elle doit faire un prochain film qu’elle tienne compte du Burkina. Elle peut faire un film sur le conflit qui a eu lieu entre le Burkina et le Mali, le Burkina et la Cote d’Ivoire. Qu’elle voit ces réalités au lieu d’aller en Côte d’Ivoire ou à Haïti. Je voudrais, aussi, qu’elle valorise notre culture. Il y a plein de comédiens burkinabè qui pouvais bien incarner les différent personnages du film ».

Sadia Sawadogo (à droite), Burkina Faso : « ‘’Desrances’’ est un film qui transmet beaucoup d’émotions. Ça m’a beaucoup plu mais j’aurais aimé voir des comédiens du Burkina comme principaux acteurs. Ce film donne des leçons car tu comprends que tu dois valoriser la culture ».

Magda Podsiadly, Pologne : « L’histoire du film d’Apolline est très belle. Son sujet c’est le féminisme, c’est la liaison entre l’homme et la femme, ici c’est le papa et sa fille. Il délaisse sa fille parce qu’il va avoir un garçon, cette dernière ne se laisse pas faire. C’est cette histoire qu’Apolline montre à travers la guerre et on peut ainsi voir, pas seulement la guerre, mais la place de la femme dans nos coutumes. C’est ce qui est vraiment bien. Il y a cependant quelque chose qui me dérange. Je ne sais pas si c’est dans la narration ou dans le montage, mais à la moitié du film, au moment où la maman disparait, on ne sait pas ce qui s’est passé. On soupçonne qu’elle soit morte à l’hôpital avec son fils. Mais après le papa se met à la recherche de sa femme et de son fils. Il va à l’hôpital sans y vraiment chercher, on soupçonne qu’il est peut être traumatisé et que la famille cache cet enfant. Je n’arrive pas à comprendre cette partie du film ».

 

Propos recueillis et transcrits par Samira Lydivine SAMANDOULGOU

 

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