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Cérémonie de libation du 26e FESPACO

Un hommage aux morts, mais aussi aux vivants !

La traditionnelle cérémonie de libation du Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) a eu lieu ce dimanche matin à la place des cinéastes. Comme à l’accoutumée, instant de recueillement et prise de parole ont ponctué le rituel. Il a été suivi du dévoilement de la statue du réalisateur camerounais Jean-Pierre Dikongué-Pipa.

Dans la peau du maestro en pleine réalisation, Idrissa Junior s’est glissé, place des cinéastes, le temps d’un sketch. L’émotion est à son comble car Idrissa Ouédraogo fait partie des disparus d’entre deux FESPACO. Ceux à qui un hommage est rendu par une cérémonie de libation. A travers lui, tous ceux, contribuant à la fabrication du cinéma africain et, hélas, décédés au cours de ces deux dernières années reçoivent le respect des continuateurs de leur œuvre. Le rituel est le même, depuis 1987, date de l’inauguration du monument des cinéastes en plein cœur de Ouagadougou, quand le doyen, Ousmane Sembène, a émis l’idée de l’instaurer. Ainsi, main dans la main, les acteurs du 7e art du continent présents dans la capitale du Faso ont effectué trois fois le tour de leur monument. Puis, l’une après l’autre, Alimata Salembéré et Timité Bamori, membres fondateurs du festival, ont pris la parole pour évoquer le souvenir des récents disparus du cinéma africain mais, aussi, celui de tous les devanciers. Ceux qui ont fait les beaux jours du désormais cinquantenaire FESPACO. D’ailleurs, soulignent les deux intervenants, ils y participent toujours, parce que « Les morts ne sont pas morts », ils sont dans leurs réalisations. Ils continuent de vivre et d’inspirer les vivants.

Des vivants dont les plus âgés n’ont pas été oubliés à l’occasion de cette libation. Ils ont été honorés à travers Jean-Pierre Dikongué-Pipa. La statue du réalisateur de Muna Moto (L’enfant de l’autre), sacré Etalon de Yennega en 1976, trône, désormais, aux côtés de celles de ses compères, parmi lesquels Gaston Kaboré présent à la cérémonie. Elle se dresse sur le walk of fame burkinabè, appelé " Collone des Etalons" et sise avenue Mgr Joanny Thevenoud longeant l’hôtel de ville. Âgé de soixante-dix-neuf ans, Dikongué-Pipa s’est dit très honoré, ému et comblé par cette marque de reconnaissance. Il a souligné l’importance de rendre hommage aux artistes de leur vivant. Natif de Douala au Cameroun, le réalisateur a commencé par le théâtre, en tant qu’acteur, dramaturge et metteur en scène, avant d’étudier le cinéma, entre 1962 et 1964, au Conservatoire indépendant du cinéma français. Auteur de trois courts métrages dont le premier, un simple, en 1965, il réalise Muna Moto en 1975. Il fera, ensuite, Le prix de la Liberté, 1972, Histoires drôles, histoires de gens, 1983 et Badiaga, 1987.

 

Annick Rachel KANDOLO

 

 

 

 

 

 

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