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Koudougou Doc 2019

« Clash doc » ou la joute oratoire pour intéresser les jeunes au documentaire

Pour sa sixième édition, le festival du film documentaire, Koudougou Doc, innove, une fois de plus, avec son nouveau concept dénommé « clash doc ». Ce concours de débat oratoire a fait ses premiers pas au sein de l’université Norbert Zongo de Koudougou dans l’après-midi de ce jeudi 25 Avril. Deux groupes d’étudiants, par duo, se sont affrontés à travers deux sujets relatifs au film « Pas d’or pour Kalsaka » de Michel K. Zongo. Pour cette première, les participants ont démontré leur maitrise de l’art oratoire. Mais Mohamed Zongo a fait la différence.

Le concept « Clash doc » est simple, explique Michel Zongo, initiateur du festival. Il s’agit d’un débat contradictoire de fond sur des thématiques extraites d’un documentaire projeté, en présence de son réalisateur, pendant Koudougou Doc. Deux camps, pour et contre, s’affrontent alors autour de chacune des thématiques. Un jury assure l’arbitrage.

Au cœur, donc, de cette joute oratoire, le documentaire de 80 mn, « Pas d’or pour Kalsaka », projeté plus tôt. Ce film fait cas de la situation de délabrement de la commune de Kalsaka, dans le Nord du Burkina, suite à l’implantation puis au départ de la compagnie minière Kalsaka Mining. Le réalisateur dénonce cet état de fait car la population, en plus de se retrouver impuissante face aux conséquences environnementales néfastes, n’a pas, véritablement, profité de ses ressources minières.

Ainsi, la première thématique extraite du film est « le non-respect de de la Responsabilité sociale et environnementale par les entreprises minières du Burkina Faso est imputable à l’irresponsabilité de l’Etat. » Nabi Konan Jean-Michel et Kouda Awa sont adversaires. Le candidat se met du côté de la majorité et défend avec fermeté la thèse. Selon lui, le gouvernement qui a signé les contrats avec les entreprises minières ne prend pas des mesures pour inciter ces dernières à respecter les normes.

Nabi Konan Jean-Michel, candidat

Jean-Michel estime que les autorités ne s’assurent pas que les activités minières profitent à la population tout en préservant l’environnement. Pour lui, elles ne prennent pas en compte les dégâts de ces sites miniers sur l’homme et l’environnement. Pour cela, l’Etat fait preuve de désengagement et d’irresponsabilité.

KOUDA Awa, candidate

Après lui, c’est au tour de Kouda Awa de développer l’antithèse. Son argumentaire consiste à défendre le gouvernement. Elle affirme que lorsque tout va mal, beaucoup pointent du doigt l’Etat, le qualifiant même ‘‘de démon’’. « La responsabilité sociétale est une prise d’engagement de préoccupations environnementales. Alors pourquoi rejeter la faute sur l’Etat ?  Il n’est pas responsable des actes des entrepreneurs miniers. » Ajoute-t-elle.

Guira Latif, candidat recevant une attestation du parrain Serge Bayala

La deuxième thématique est la suivante : « le boom minier conduira le Burkina Faso à la ruine ». Guira Latif et Zongo Mohamed en débattent. Guira Latif argumente pour étayer davantage l’assertion. Il démontre que ce boom minier a des conséquences néfastes sur la population et sur l’environnement. Comme le veut le principe du jeu, Zongo Mohamed vient réfuter les arguments de son adversaire. Malgré la pression, le fait tant et si bien que l’assemblée est séduite au point de le gratifier d’ovations et rires de plaisir.

Mohamed Zongo, candidat et lauréat de cette première édition de Clash Doc

Mohamed Zongo séduit, également, les membres du jury après délibération. Il est classé premier. Mais Ousmane Boundaoné, président du jury, tout en félicitant les candidats, souligne quelques points à améliorer. Il déplore le fait que les différents argumentaires ne se soient pas appuyé sur le film et quelques fautes d’expressions. Guira Latif s’empare de la deuxième place. Tous les candidats reçoivent des attestions des mains des organisateurs.

L’objectif d’intéresser les jeunes au film documentaire à travers le débat est atteint, soutient le promoteur. Pour lui, ce concept est formateur pour les étudiants. Il les pousse à faire leurs propres recherches sur le documentaire projeté et à améliorer leur expression orale. « Clash doc » sera une activité à part entière dans les éditions futures de Koudougou Doc, foi de Michel Zongo.

Laetitia BAYALA

 

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